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FERNAND KNOPFF (1858-1921)
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CHRONOLOGIE 1119 — Après une «sanglante bataille avec les troupes prussiennes», le roi Leszeck de Pologne ennoblit Budzilas Lubicz, premier ancêtre connu de Milosz, lui octroiant des armoiries qui se perpétueront dans la famille jusqu’au poète. 1578 — Acte de vente ratifiant un échange de forêts entre Grégoire Milaszewicz Milosz et un autre seigneur. Cet ancêtre du poète, premier porteur du patronyme de Milosz, «jouissait des droits de noblesse et possédait des biens immeubles dénommés Labunowa, alias Ganuseswiczi et Serbiny.» (Un des personnages de L’Amoureuse Initiation se nomme Labounoff) 1802 — Joseph Milosz (bisaïeul du poète) achète au prince Sapieha le domaine de Czereïa. 1877 — 28 mai (15 mai sur les documents originaux - calendrier julien): naissance d’Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz, fils de Vladislas de Lubicz-Milosz et de Marie Rosalie Rosenthal au domaine familial de Czereïa (Lithuanie historique). Le Grand-Duché de Lithuanie étant annexé à la Russie (les gouvernements de Vitebsk et de Mohilev formaient, depuis 1772, la Russie Blanche, ou Biélorussie), Milosz était de nationalité russe par sa naissance. 1886 — 2 juillet: Baptême du poète en l’église Saint-Alexandre à Varsovie. 1889-1896 — Études au Lycée Janson-de-Sailly à Paris. Milosz reçoit la grande médaille d’argent de l’Alliance Française et conquiert le grade de bachelier ès-lettres. 1896-1899 — Suit les cours de l’École du Louvre et de l’École des Langues Orientales. Etudie l’épigraphie hébraïque et assyrienne sous la direction du professeur Eugène Ledrain, traducteur de la Bible. 1899 — Le Poème des Décadences, premier recueil de Milosz, est édité chez Girard et Villerelle, à Paris. 1900 — 17 janvier: Dans sa Pall-Mall Semaine du Journal, Raitif de la Bretonne (alias Jean Lorrain) reproduit in-extenso une lettre de Paul Fort en date du 3 janvier lui recommandant chaleureusement le recueil de Milosz. Il y ajoute lui-même un commentaire très élogieux. C’est le premier en date des articles consacrés à Milosz. A la mort de Milosz, Paul Fort écrivit dans le numéro d’hommage du Goéland: «Ce prince lithuanien, ce grand poète, ce grand homme est notre Gœthe français. (...) Et Milosz est le plus beau don que l’Europe ait fait à la France.» 23 juin: Première lecture publique d’un poème de Milosz (Chant à Céliane) au 13e Samedi Populaire de Poésie Ancienne et Moderne du Théâtre Sarah Bernhardt. 1902 — Publication de la première étude importante consacrée à Milosz : «Un poète de l’évocation: O. W. Milosz», par Francis de Miomandre, dans l’Ermitage. Francis de Miomandre fut surnommé par André Gide «le Parmentier de Milosz». 1902-1906 — Séjour de Milosz sur ses terres de Russie Blanche. 1906 — Publication des Sept Solitudes chez Jouve, à Paris. Vers cette époque, première rencontre avec le poète Nicolas Beauduin qui devait par la suite publier de nombreux textes de Milosz dans sa revue La Vie des Lettres et des Arts. 1906-1914 — Voyages d’études littéraires et philosophiques: Allemagne, Russie, Pologne, Angleterre, Autriche, Italie, Espagne, Afrique du Nord, entrecoupés de séjours en France. Milosz fait de fréquentes allusions à ces voyages dans ses œuvres et sa correspondance, mais les dates précises que nous possédons sont rares. Ces voyages ont eu pour fruit des traductions du russe, du polonais, de l’allemand et de l’anglais, langues que Milosz possédait parfaitement. 1910 — L’Amoureuse Initiation paraît chez Bernard Grasset. Mai-Novembre: Composition des Éléments. 1911 — Publication des Éléments à la Bibliothèque de l’Occident. Février: Départ pour la Tunisie. Mars: Voyage dans l’extrême-sud tunisien puis à Biskra. Avril.: Séjour à Nice. Décembre: Milosz commence Miguel Mañara. 1912 — Septembre-Octobre: Publication de Miguel Mañara. dans les numéros 45 et 46 de la Nouvelle Revue Française et de Chefs-d’oeuvre Lyriques du Nord, traductions de l’allemand et de l’anglais, aux Editions Figuière. 1913 — Miguel Mañara est publié aux éditions de la N.R.F. Première rencontre avec Carlos Larronde: « J’ai connu Milosz au printemps de 1913. Miguel Mañara venait de paraitre en librairie.» (« Milosz et les Archétypes », in numéro spécial Milosz du Goéland, 1er juin 1939.) Fondateur du « Théâtre Idéaliste », Carlos Larronde créa avec sa troupe Méphiboseth. 1-16 Septembre: Composition à Munich de la Symphonie de Septembre. Méphiboseth paraît dans le numéro d’octobre-décembre de la revue Vers et Prose éditée chez Figuière. Décembre: Travaille à la traduction de la première partie du Faust de Gœthe. 1914 — Publication en volume deMéphibosethchez Figuière. 28 Février: Création de Miguel Mañara dans les salons de l’hôtel particulier de Mme Œdenkoven, avenue Hoche à Paris, par le groupe de «L’Affranchi», avec Henry Vermeil dans le rôle de Mañara. La représentation fut précédée d’une causerie de Francis de Miomandre. Mai: Achève la traduction de poèmes de Holderlin et envoie aux Editions de la Bibliothèque de l’Occident le manuscrit de son troisième mystère: Saül de Tarse. 14 Décembre: Milosz connaît une nuit d’illumination mystique comparable à celle de Pascal. Il rapporte lui-même la date et décrit minutieusement les faits dans son Épître à Storge. «Un sinistre matin de l’hiver 1914, je me présentai chez lui. Milosz m’accueillit fraternellement, me retint dans son vestibule, et je l’entendrai toujours me dire, adossant à un mur sa haute silhouette: «J’ai vu le soleil spirituel». (Carlos Larronde) 1915 — Au début de l’année, première rencontre avec Renée de Brimont qui devint une de ses plus fidèles amies et lui consacra, sous son véritable nom ou sous le pseudonyme masculin de René de Prat, plusieurs études. (Renée de Brimont: «Anecdotes-Souvenirs» in Cahiers consacrés à O. V. de L. Milosz, 1940, p. 31.) Publication de Poèmes chez Figuière. Outre de nombreux poèmes déjà publiés, mais repris avec d’importantes variantes, ce recueil contient des poèmes jusqu’alors inédits en volume, notamment les Symphonies et Nihumim, suivis de Miguel Mañara et Méphiboseth. Novembre: premiers projets et brouillons d’Adramandoni. En Novembre-Décembre, travaille à La Charrette. 1916 — Mobilisé dans les divisions russes de l’armée française, Milosz est affecté à la Maison de la Presse, à Paris (Bureau d’Études Diplomatiques, attaché au Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères.) 9 Mars: nouveau brouillon de La Charrette. 1er Mai: retouche un poème intitulé Paroles au réveil. 6 Juillet: travaille encore à Paroles au réveil. Octobre: compose l’Épître à Storge. Premier titre: Lettre à Storge. 1917 — Janvier: l’Épître à Storge parait dans la Revue de Hollande. 16 Avril: travaille à La Charrette. 3-4 Juin: travaille à La Gamme. Novembre: la Révolution d’Octobre éclate en Russie. Les biens de Milosz (30.000 hectares de terres) sont saisis par les autorités soviétiques. Ces terres ne seront pas comprises dans les limites de la République de Lithuanie créée en 1918, mais resteront en territoire soviétique. Milosz est totalement ruiné. Ses seuls moyens d’existence seront ses appointements à la Légation de Lithuanie en France. (La plupart de ses œuvres furent éditées à compte d’auteur et n’eurent aucun succès commercial.) 1918 — Adramandoni parait chez Menalkas Duncan, à Paris. 16 Février: proclamation à Vilna de la République de Lithuanie. Milosz devient citoyen lithuanien: «J’aurais pu, moi poète français, à tort ou à raison estimé par les groupements d’avant-garde, aller me faire couronner de roses à Varsovie avec beaucoup d’autres lithuaniens de mon monde. J’ai espéré faire œuvre plus utile en restant sous la modeste croix lithuanienne.» Dès l’arrivée à Paris d’une délégation lithuanienne, Milosz prendra contact avec ses membres et leur servira d’intermédiaire auprès des personnalités avec qui ses activités diplomatiques l’ont mis en relation depuis 1916. 1919 — Janvier: entre comme rédacteur diplomatique à la Délégation de Lithuanie à la Conférence de la Paix. 10 Janvier: création de Méphiboseth à l’Odéon par le Théâtre Idéaliste de Carlos Larronde. Carlos Larronde interprète lui-même le rôle du Roi David. 28 Janvier: donne une conférence sur la « Fédération LettoLithuanienne» à l’Institut interallié des Hautes Etudes Politiques et Sociales à Paris. Février: allocution de Milosz à la séance inaugurale du Centre Apostolique, Hiérarchie-Fraternité-Liberté. Ce groupe qui fut connu plus tard sous le nom des « Veilleurs », avait pour organe le journal « L’Affranchi » qui existait antérieurement à sa constitution. Dans son allocution, Milosz traite du «rôle de l’artiste, — et plus particulièrement du poète — dans cette ère formidable qui s’ouvre devant nous». Il parle du «Dante, (du) Gœthe qui viendra»: «Je ne sais pas ce que sera son chant, — je ne sais qu’une chose: c’est qu’il sera la suite et comme le couronnement, pour bien des siècles, du Nouveau Testament, comme celui-ci fut lui-même l’accomplissement de l’Ancien. Car ce n’est pas un livre, ce n’est pas des livres que nous attendons: nous attendons la suite et l’accomplissement du Livre unique. L’époque où nous avons le bonheur de vivre est de celles où il est donné à l’homme — et, ce qui est plus rare, — au poète, de rechercher la joie suprême de son orgueil dans l’humiliation qui annonce et prépare un renouveau d’adoration.» 29 Mars: Milosz donne à la Salle de la Société de Géographie, à Paris, une conférence sur la Lithuanie. Fin Mai-première quinzaine de Juin: voyage en Lithuanie: «Je suis un poète lithuanien de langue française qui, après un séjour de plus de trente années sur le sol hospitalier de la France, sa seconde patrie, a eu la joie, il y a trois semaines, de revoir sa patrie lithuanienne et qui, depuis trois jours, respire avec une joie aussi vive l’air de sa patrie française.» (Discours du 21 Juin.) 21 Juin: Milosz prononce, encore à la salle de Géographie, un discours intitulé «Les relations actuelles entre la Lithuanie et ta Pologne». 23 Août: Talita Cumi (dans La Confession de Lémuel.) Décembre: Milosz est nommé Délégué de la Lithuanie auprès du gouvernement Français. En fait, il exerçait ses fonctions depuis plus longtemps. Bien que nommé par le Président de la République de Lithuanie, Milosz n’exerce qu’à titre officieux, l’indépendance de la Lithuanie n’étant pas encore reconnue officiellement par la France. De 1919 à 1925 Milosz déploie une intense activité diplomatique. Il met ses dons d’écrivain au service de la cause lithuanienne, et écrit un grand nombre d’articles et d’études politiques. En 1919, il publie (à ses frais) une importante étude intitulée L’Alliance des États Baltiques. Dès cette année il publie dans diverses revues des traductions de chants populaires lithuaniens («daïnos») pour faire connaître le folklore de sa patrie. 1920 — Milosz défend avec ardeur la cause de son pays. En 1920, il ne publie aucun poème, aucune oeuvre «personnelle». Mais on a retrouvé jusqu’à ce jour 12 textes de lui publiés cette année en revue (articles et études politiques, nouvelles traductions de «daïnos»). 11 Mars: Millerand écrit à Milosz, «délégué de Lithuanie», pour lui signifier que le gouvernement français reconnaît «de facto» la République de Lithuanie. Septembre 1920-Février 1921: compose le poème La Confession de Lémuel. 1er Décembre: La République de Lithuanie étant reconnue par le gouvernement français, Milosz est officiellement nommé Chargé d’Affaires de Lithuanie en France et prend possession de son poste à la Légation de Lithuanie. 1921 — Mai: Milosz participe à une Conférence Internationale tenue à Bruxelles pour tenter de résoudre le problème de Vilna qui oppose la Lithuanie à la Pologne. La conférence est ajournée le 20 mai et ne sera pas reprise. 22 Septembre: la Lithuanie est admise comme membre titulaire à la Société des Nations. Milosz est à Genève. Le poème La Confession de Lémuel parait dans le numéro d’août-septembre des Écrits Nouveaux. 12 Novembre: Milosz est nommé Chargé d’Affaires de Lithuanie à Bruxelles, cumulant ces fonctions avec celles de Paris. 1922 — Janvier: Milosz prend part aux débats du Conseil de la S. D. N. à Genève. 10 Avril-19 Mai: il participe aux travaux d’une importante Conférence économique internationale tenue à Gênes. Août: voyage en Lithuanie avec le comte Prozor et sa fille, l’actrice Greta Prozor. Le Psaume de la Maturation paraît dans le numéro de Décembre de la revue Intentions. Le recueil La Confession de Lémuel est édité à «La Connaissance», à Paris. 1923 — La Nuit de Noel de 1922 de l’Adepte paraît dans le numéro d’Avril de la Revue Éuropéenne. Le Psaume du Roi de Beauté paraît dans le numéro de Juin de la revue Intentions. 3 Septembre: Milosz est envoyé en mission diplomatique à Genève. 1924 — Ars Magna est édité aux éditions Alice Sauerwein. 19 au 22 Mai: Milosz participe en tant que secrétaire général à une Conférence des représentants des républiques d’Esthonie, de Lettonie et de Lithuanie à Kaunas. 1925 — 10 Juin: compose à Paris le Psaume de la Réintégration. 1er Juillet: sur sa demande, Milosz est relevé de ses fonctions de Chargé d’Affaires de Lithuanie en France. Il est remplacé par M. Klimas et est lui-même nommé par le Président de la République de Lithuanie Ministre-Résident et Conseiller Honoraire de la Légation de Lithuanie. Il continuera à exercer des fonctions de conseiller et rédacteur diplomatique (toutes les notes diplomatiques émanant de la Légation sont rédigées par lui) et participera encore à des sessions de la S.D.N. et à des conférences internationales. Il est simplement déchargé de ses responsabilités de chef de poste diplomatique. Mais lors des congés ou voyages de M. Klimas, il assurera son intérim (Mai et Juillet 1928). Ainsi libéré d’une partie de ses obligations diplomatiques, Milosz pourra se consacrer davantage à son oeuvre. 1926 — Compose Les Arcanes: «J’entre dans la douzième année de la suprème connaissance» (verset 3. Cette suprême connaissance lui fut accordée dans son illumination de 1914.) Ce poème métaphysique est envoyé à la revue La Vie des Lettres et des Arts où il paraît en avril. Mort de la mère de Milosz. 28 Août: Milosz est envoyé en mission diplomatique à Genève. 1927 — Milosz est reçu membre de l’Académie Diplomatique Internationale. Publication chez Teillon des Arcanes. Milosz a ajouté environ 150 pages de «notes exégétiques» au texte de 1926. 1928 — Première rencontre avec Armand Godoy. Miguel Mañara est interprété au théâtre du Vieux Colombier. Publication en tirage à part de Daïnos (traductions par Milosz de chants populaires lithuaniens.) Milosz est fait Grand-Officier de l’Ordre du Grand-Duc de Lithuanie Gediminas. 1929 — Poèmes 1895-1927, paraît aux éditions Fourcade. Ce florilège contient la première publication en volume de La Nuit de Noël de 1922 de l’Adepte et des Psaumes déjà publiés en revues. 1er Juin: La Confession de Lémuel est interprétée à trois voix au Studio des Ursulines par Henry Vermeil, Greta Pozor et Eve Cazalis. 1930 — Publication des Contes et Fabliaux de la Vieille Lithuanie chez Fourcade. 1931 — 13 Janvier: Miguel Mañara est interprété au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles par les Compagnons de Saint Lambert de Liège en présence de la Reine des Belges. 1er Mars: Milosz est fait chevalier de la Légion d’Honneur. 11 Mars: La croix de la Légion d’Honneur est remise à Milosz par Philippe Berthelot, Secrétaire Général du Quai d’Orsay, au cours d’une réception tenue dans les salons de la Légation de Lithuanie à Paris. 15 Mai: Gaston Doumergue, Président de la République, et Léon Bérard, Garde des Sceaux, signent le décret de naturalisation française de Milosz. Devenu citoyen français, Milosz est rayé des listes diplomatiques lithuaniennes. Mais il remplit toujours les mêmes fonctions à la Légation et continue d’être appointé par le gouvernement lithuanien. 1932 — Milosz, dont la Bible (dans le texte hébreu) est le livre de chevet depuis de nombreuses années, découvre ce qu’il nomme «la clef de l’Apocalypse »: «... Moi-même n’en ai-je pas été malade pendant plus de six semaines l’été passé, par suite du saisissement que m’a causé l’ouverture pour ainsi dire explosive, des deux premiers sceaux de l’Apocalypse ? Depuis cette époque, c’est à dire, depuis fin juin, je suis absolument incapable de lire autre chose que la Bible.» Publication dans le numéro de décembre de la Revue des Vivants du premier texte d’exégèse biblique de Milosz: Les origines ibériques du peuple juif. 1933 — Publication hors-commerce de L’Apocalypse de Saint Jean déchiffrée précédée de l’étude publiée dans la Revue des Vivants. 1934 — 12 Septembre : Signature d’un Traité d’Entente et de Collaboration entre l’Estonie, la Lettonie et la Lithuanie à Genève par les ministres des Affaires Etrangères des trois pays. Par l’activité diplomatique qu’il n’avait cessé de déployer dès 1919 Milosz fut un des grands artisans de ce traité. Décembre: Milosz fait installer un «nourrissoir officiel» pour les oiseaux dans le Boulingrin du parc du Château de Fontainebleau. Dès 1926, Milosz « établit un contact entre l’homme soit-disant civilisé et les Oiseaux sauvages». Il se surnommait lui-même «Monsieur de la Mangeoire » et il vouait une immense tendresse à ses «petits compagnons ». Oiseaux, écureuils et campagnols venaient prendre leur nourriture dans sa main. Contraint par la maladie de rester trois mois à Paris, il eut peur d’être oublié de ses protégés: «Vaine appréhension l Dès mon arrivée, avenues, bois et bosquets retentirent d’appels, et c’est avec un enthousiasme délirant que je fus reconnu et fêté par tous les genres et par toutes les espèces. C’est là un des trois ou quatre souvenirs les plus chers et les plus émouvants que j’emporterai de la dure planète Terre.» 1935 — Réédition de Miguel Mañara aux Editions Bernard Grasset, à l’instigation d’Armand Godoy. 1936 — Novembre: compose Les Origines de la nation lithuanienne. Décembre: compose, après neuf années de silence poétique, son dernier poème: Psaume de l’Étoile du Matin. 1937 — Publication de Dix-sept Poèmes de Milosz par les soins d’Armand Guibert aux éditions des Cahiers de Barbarie, à Tunis. Un inédit: le Psaume de l’Étoile du Matin. Publication des Origines de la nation lithuanienne dans le numéro d’avril du Mercure de France. Pour son soixantième anniversaire, Milosz est fait docteur honoris causa de la Faculté de Théologie-Philosophie de l’Université Vytautas-le-Grand de Kaunas. 25 décembre: Milosz manque de mourir d’une syncope dans la neige de Fontainebleau, alors qu’il porte de la nourriture à ses chers oiseaux. 1938 — Milosz fait imprimer à ses frais La Clef de l’Apocalypse où il expose sa méthode de déchiffrement de la Bible. A la fin de l’année prend sa retraite de fonctionnaire de la Légation de Lithuanie. S’installe dans la petite maison qu’il a acquise, 28, rue Royale à Fontainebleau. 1939 — 16 Février: une lettre de Kaunas informe Milosz que le Président de la République de Lithuanie lui accorde une pension mensuelle de 600 litas (environ 4 000 francs 1939.) Fin février: L’Hommage à O.V. de L. Milosz des Cahiers Blancs dirigés par Geo Norge paraît quelques jours avant la mort du poète. 2 Mars: 0.V. de L. Milosz meurt terrassé par une embolie dans sa maison de Fontainebleau. 7 Mars: Milosz est inhumé au cimetière de Fontainebleau. M. Klimas, Ministre de Lithuanie, et René Bruyez prononcent un discours sur la tombe du poète. (Chronologie établie par J. Buge) |
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